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Marc Dutruy, CFO du Groupe Adecco Suisse
Marc Dutruy, CFO du Groupe Adecco Suisse

Groupe Adecco Suisse

Les qualifications au centre des préoccupations

Révolution numérique oblige, les métiers qualifiés présentent les meilleures perspectives d’emploi à l’horizon 2030. Géant mondial de l’intérim et du recrutement, le Groupe Adecco Suisse s’y prépare et développe des outils pour attirer les jeunes talents.

«Le marché du travail demande de plus en plus de qualifications. Il est indispensable de nous adapter à cette tendance.» CFO du Groupe Adecco Suisse, Marc Dutruy est bien placé pour poser ce constat. Fort de ses 100 000 clients, 700 000 collaborateurs externes et près de 27 milliards de francs de chiffre d’affaires annuel, le Groupe Adecco est leader mondial dans le domaine des ressources humaines. Alors que le siège international est basé à Zurich, c’est à Lausanne que se trouve le siège Suisse et une partie importante de la direction administrative du Groupe Adecco Suisse. A l’échelle du pays, la ­société compte 650 collaborateurs internes et 23 000 externes, tout en réalisant un CA de près de 600 millions de francs.

«En Suisse, ce sont entre 6000 et 9000 candidats qui sont rémunérés chaque semaine, en fonction de la saisonnalité et pour des missions de quelques jours, semaines, mois, voire même beaucoup plus. Et l’un de nos plus grands défis consiste à continuellement développer leur niveau de qualification, afin de répondre aux exigences grandissantes du marché», précise le responsable.

Car si la révolution numérique et l’automatisation rendent l’avenir de l’économie difficile à prédire, il est un point sur lequel toutes les études s’accordent: le nombre d’emplois hautement qualifiés s’inscrit ­clairement à la hausse, contrairement au nombre d’emplois semi-qualifiés à forte composante répétitive, qui recule sensiblement. Quant aux emplois peu qualifiés, leur nombre stagne en Suisse depuis 20 ans et leur avenir est incertain.

«Au-delà des changements structurels qui s’annoncent, l’évolution démographique ne joue pas en notre faveur: le départ à la retraite des baby-boomers commence à affecter les entreprises suisses, les nouveaux actifs peinant de plus en plus à compenser le  nombre de sortants. Au final, la Suisse devrait manquer d’un demi-million de travailleurs qualifiés à l’horizon 2030», prévient Marc Dutruy.

L’essor de la «Gig Economy»

Sans parler de la «Gig Economy», modèle en plein essor dans lequel une multitude de ­travailleurs indépendants ou micro-entre­preneurs sont payés à la tâche plutôt qu’au mois avec un employeur unique. D’abord créé pour désigner les plateformes collaboratives telles qu’Uber ou AirBnB, le concept s’est rapidement étendu à la plupart des freelances et des travailleurs à distance. «Pour les jeunes actifs, choix et flexibilité sont devenus des maîtres-mots», confirme le CFO

Chez le Groupe Adecco, ces problématiques sont adressées de multiples manières. «Nous investissons beaucoup dans la formation continue et les options de reconversion professionnelle, qui sont des réponses efficaces à la pénurie de personnel qualifié. Il s’agit de développer les apprentissages dans les secteurs orientés vers l’avenir. Le rachat de la plateforme américaine General Assembly, qui dispense des formations accélérées dans le domaine du numérique, va tout à fait dans ce sens», se félicite Marc Dutruy.

Une autre préoccupation du Groupe Adecco et de ses dix marques consiste à trouver, attirer et garder les jeunes talents. «Les réseaux sociaux ou les sites comme Google Jobs sont en train de devenir incontournables. Nous développons également nos propres outils, à commencer par les plateformes de recru­tement en ligne Adia et YOSS.» Entièrement automa­tisées, ces dernières utilisent des algorithmes de machine learning pour mettre en relation les entreprises clientes et les ­candidats, dans des secteurs aussi divers que l’informatique, la vente, la finance, l’événementiel, l’hôtel­lerie ou la restauration. Marc Dutruy: «Tout en ­cherchant à exploiter au maximum le marché suisse du travail, nous ne négligeons pas pour autant le potentiel de recrutement à l’étranger. A l’heure de la globalisation, le fait que le Groupe Adecco soit présent partout dans le monde est un atout indéniable.»